Partez à la rencontre d’un artiste aux multiples talents. Éternel insatisfait, Olivier Borgognon est sans cesse en quête de son «moi» visuel, de découverte, de création, du perfectionnement de son art. Prenez place et lisez les conseils d’un photographe pour qui la création est un véritable art de vivre.

Quelle a été votre première rencontre avec la photographie?

J’ai débuté la photographie enfant, mon père la pratiquait pour le plaisir, et mes débuts se sont faits avec un Canon A-E1. Puis j’ai poursuivi avec des labos et cours de photo pour le plaisir durant mes études. Je suis arrivé à la photographie pro sur le tard. Mes autres métiers – en informatique, webdesign, graphisme et enseignement sportif – m’ont clairement ajouté des compétences et de l’expertise à mon métier de photographe actuel.

Quels sont les photographes qui vous ont inspirés et pourquoi?

Il y a bon nombre de photographes qui m’inspirent, et bon nombre d’artistes hors photographie tels des peintres, musiciens, voir même simplement des entrepreneurs.

Les photographes qui m’inspirent seraient Gary Vinogrand pour sa capacité à voir la lumière dans ses photos de rue, et sa touche humaniste du travail effectué.

Helmut Newton, pour la force de son travail et la puissance de l’image de la femme qu’il a su mettre en avant, comme une personne forte, prenant sa place, dans un monde qui ne faisait aucun cadeau et n’avait pas exactement une vision très équitable des genres.

Chris Burkard, un phénomène moderne de l’approche «Adventure Outdoors» sur la photographie commerciale. Pour l’avoir rencontré personnellement, je dois dire qu’il fait partie des photographes les plus fascinants que j’ai eu la chance de côtoyer de par son approche, son humilité, et la vision qu’il a de son art et du métier de photographe.

David Burnett, pour son regard sur la photographie sportive, et sa capacité à raconter une histoire en quelques images.

Pascal Kobeh, pour son lien avec la nature et le monde sous-marin, un univers qui m’est proche de par mon passé dans le monde de la plongée sous-marine.

J’aime l’approche technique, et la capacité incroyable d’Annie Leibowitz de créer et transformer une image en une pièce magistrale, sa direction artistique, son esprit critique, et sa manière d’éclairer les sujets, s’approchant des grands maîtres de la peinture.

Sacha Goldberger & Tim Tadder, pour leur persistance et capacité à créer, à imaginer des histoires, à conter, et à dépasser leurs limites sans cesse sur leurs divers projets.

Je tire également des inspirations de la peinture avec le caravage, vermeer, picasso, hopper, encore et toujours pour la lumière, et l’émotion qui se dégage de leurs oeuvres.

La liste ne serait pas complète sans des entrepreneurs tels que Elon Musk, Richard Branson, Steve Jobs, Tony Robbins, Robin Sharma, James Clear et bien d’autres encore.

Avez-vous un projet en cours ou à venir dont vous souhaitez nous parler?

Je travaille sur une série d’images dont le titre se nomme «Faux Départ». Ce projet met en scène des athlètes ou sportifs de tous horizons et univers sportifs en dehors de leur cadre de compétence, ou en un lieu incongru. Telle une erreur de casting, mauvais endroit, mauvaise pratique, afin d’illustrer l’essence même du sportif qu’est celle de pratiquer son sport, et de vivre intensément son activité, au risque de, parfois, vivre en décalage avec la société.

Parmi toutes les images que vous avez réalisées, quelle est votre photo préférée et pourquoi?

Je ne peux pas réellement dire que j’ai une ou des «images préférées», car je suis un éternel insatisfait de mes créations. Je poursuis un parcours visuel et me dire que j’ai des images préférées reviendrait à dire que j’ai fini, que je suis arrivé au bout. Or, j’ai une telle envie de poursuivre, de créer, d’aventure et de découverte que je n’ai, au bout du compte, pas d’image préférée, mais plutôt des images qui continuent à former qui je suis visuellement.

Dans cette série, j’ai travaillé l’approche des reflets, mais surtout l’idée que l’on est toujours caché par un masque, celui de l’environnement dans lequel on évolue, et qu’il est important de s’en détacher.

Ce projet est sans fin. Je le retrouve dans mes images commerciales, dans mes projets personnels, dans mes reportages et j’intègre des reflets de part et d’autre de mon travail. Elle est personnelle et en même temps très impersonnelle, elle dénote le flou d’une vie, tant un avis d’une personne est aux antipodes de celui d’une autre. Qu’est ce qui est juste? Qu’est ce que la réalité? Tout ceci n’est que perception du passé ou du futur basé sur un spectre visuel prédéfini… et si tout cela n’était pas «la réalité»?

En ce sens, je pense que la série «through the glass» est une de celles qui me correspond le plus et a changé ma manière de photographier.

Avez-vous quelques conseils à destination de nos lecteurs photographes?

Tentez la pause médiatique et la purge des réseaux sociaux, c’est une expérience incroyable. C’est un excellent moyen de se retrouver, car seul face à nous-même, on se découvre des capacités à créer des images, non pas pour les montrer, mais simplement parce qu’elles nous correspondent, sans chercher une approbation, ou assouvir un besoin de validation de quiconque autre que nous. Cela nous permet de créer librement, d’échouer, de poursuivre, de tester, sans devoir montrer, ou sans pression de poster rapidement pour le fait de poster. Une fois que l’on est satisfait (si tant est que cela soit possible pour un artiste), on sait qu’on est arrivé à quelque chose qui nous correspond, et là, notre voix créative pourra s’ouvrir pleinement.

Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de votre conférence au Focus Day? De quoi allez-vous parler? Qu’allez-vous partager avec les spectateurs?

J’ai la chance de partager un avis et mon expérience lors de 2 conférences bien différentes lors du FocusDay.

La première parlera du parcours créatif et comment trouver son chemin, sa voix créative. Nous nous attarderons sur l’importance d’être soi-même, sur des techniques et petites astuces permettant de trouver son chemin et sur quelques histoires et anecdotes sur des échecs cuisants que j’ai pu avoir quand j’ai tenté d’être «comme tout le monde» au lieu de simplement être moi-même. Je me réjouis de partager cette aventure de vie et cette magnifique expérience qu’est celle de découvrir un parcours créatif et une approche visuelle avec vous.

La seconde conférence est un peu plus technique et est liée au portrait «corporate». Une prise de vue de portrait en entreprise, dans une salle de conférence, peu de temps, des gens en plein travail qui passent quelques minutes devant l’objectif, souvent par obligation professionnelle. Comment gérer la mise en place, la prise de vue, l’éclairage, obtenir diverses variantes ? Quels processus à mettre en place?

Je vais donc mettre en place un set Lumière compact et léger à l’aide de mes torches Profoto, et vous montrer comment connecter, dans mon cas, les boîtiers Fujifilm X-T3 et GFX à Capture One Pro pour cette prise de vue «corporate».

Cette conférence s’adresse tant aux professionnels qu’aux débutants, de par ma volonté de simplification et de démocratisation du langage pour obtenir un objectif précis, correspondant à ma vision créative du portrait «corporate».

Retrouvez Olivier Borgognon, pour Fujifilm, le 6 avril à 12h55 et à 16h50 le même jour.

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