Grand voyageur et aventurier, Cedrik Strahm est constamment à la recherche des merveilles de notre monde. Au travers de ces expéditions, ce passionné de photographie souhaite provoquer un retour à la nature au sein de notre génération et des suivantes. Présentation de cet explorateur en 6 questions.

Quelle a été votre première rencontre avec la photographie?

Mon grand père était passionné de photographie. Un « enthousiaste averti », c’est ainsi qu’on le décrirait aujourd’hui. Enfant, je passais mes vacances avec lui, dans le Jura vaudois. Dans les environs de la Vallée de Joux plus précisément et j’avais accès à ces forêts et ces paysages magnifiques qu’il immortalisait avec son appareil. Ça m’a toujours fasciné. Ce sont mes premières expériences au plus proche de la nature, à tenter de percer la beauté du monde qui nous entoure à l’aide de l’image. Il était également en charge de réaliser la traditionnelle photo de groupe lors de la réunion de famille annuelle. C’était un grand moment, car il s’énervait constamment car untel était hors cadre ou un autre ne fixait pas la caméra. Ça nous valait de bons moments de rigolade. À son départ, c’est naturellement que j’ai repris le flambeau pour réaliser ce fameux cliché. J’essaie de garder mon calme et mes quelques années à réaliser des photos de mariage m’aide passablement dans cet exercice.

Quels sont les photographes qui vous ont inspirés et pourquoi?

En tant que passionné de nature et de vie sauvage, je citerai évidemment Vincent Munier que j’ai rencontré et avec qui j’ai eu le loisir d’échanger il y a quelques années. Je pourrai citer aussi Michio Hoshino, que je n’ai jamais eu la chance de rencontrer, mais qui a clairement influencé ma manière de voyager et de photographier. Son histoire est tragique, mais c’est également un rappel que dans la nature, l’expérience, aussi immense soit-elle, n’est pas suffisante à anticiper l’ensemble des situations. Je garde cela en tête à chaque fois que je me retrouve en nature. C’est une monstrueuse leçon d’humilité. Son travail a influencé la majorité des photographes animaliers contemporains.

Avez-vous un projet en cours ou à venir dont vous souhaitez nous parler?

Il y en a plusieurs. Notamment notre projet sur le loup d’Abyssinie. Aujourd’hui, cet animal est particulièrement menacé, mais reste plus ou moins inconnu du public. On focalise souvent les regards vers les ours polaires, mais il y a de nombreuses espèces dont la situation est encore plus préoccupante. Nous souhaitons mettre ces animaux en lumière, afin de faire prendre conscience que c’est à un niveau global qu’il faut agir.

Parmi toutes les images que vous avez réalisées, quelle est votre photo préférée et pourquoi?

C’est une question difficile. J’ai tout de même choisi ce cliché de la rivière Alatna en Alaska, car elle signifie beaucoup pour moi. C’est probablement l’un des voyages les plus marquants que j’ai réalisé. Ce cliché illustre bien la dernière frontière, ce lieu mythique que représente le Nord de l’Alaska. Ce voyage aura été initiatique à plusieurs niveaux et cette image représente ce chemin fait de méandres qui illustre à mes yeux le chemin de la vie.

Avez-vous quelques conseils à destination de nos lecteurs photographes?

Honnêtement, je n’aime pas vraiment donner des conseils. Je n’ai pas cette prétention. Je dirai qu’il est important de voyager, ou plus simplement, de concrétiser sa passion sans se soucier de l’aboutissement en soi. Aujourd’hui, les réseaux sociaux changent complètement la manière dont on expose son travail et par là même, la manière dont on photographie. Je rêve d’un monde dans lequel les photographes en devenir mettent leur propre expérience et leur propre enrichissement au cœur de leur labeur. Sans se soucier des retours que le public pourra leur réserver sur internet.

Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de votre conférence au Focus Day? De quoi allez-vous parler? Qu’allez-vous partager avec les spectateurs?

Je vais parler de mes expéditions, de mes projets de film et de mon travail de passionné de photographie. Nous vivons dans un pays dans lequel le drapeau de la capitale est orné d’un ours ; j’aimerais amener ma vision sur cet animal, nous inviter à nous questionner sur sa disparition de nos contrées. Je parlerai de l’ours bien entendu, mais également d’autres choses. Je me laisserai dériver vers certaines considérations personnelles sur la trajectoire qu’à pris l’image fixe ou animée dans notre société. Pour conclure, je dirai qu’il faut s’attendre à une conférence qui laisse la place au rêve. Je ne compte pas m’attarder sur la technique, somme toute relativement secondaire. Mon idée est d’inviter à se questionner sur notre monde et pourquoi pas, de pousser les gens à sortir un peu de chez eux pour partir à la rencontre de notre monde.

Retrouvez Cédrik Strahm, pour Canon, le 7 avril à 13h00.

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